Anthony Sitruk, La vie brève de Jan Palach

Couverture

Lu en novembre 2018.

C’est un service de presse que j’ai pris sur l’étagère bien nommée « SP » (comme service de presse, forcément) car nous l’avions en magasin et qu’il faut bien savoir ce que l’on vend, pour bien le vendre, en parler, le conseiller, partager, bref pour faire son boulot correctement.

Dans son deuxième livre Anthony Sitruk revient sur les évènements qui mènent à l’immolation du jeune étudiant Jan Palach place de Venceslas à Prague en janvier 1969. En revenant sur les traces de cet étudiant qui « voulait réveiller les gens » l’auteur, qui s’est rendu sur place en janvier 2018, nous propose une enquête documentée, parfois romancée, qui se lit plutôt bien. Il serait faux d’affirmer que je n’ai pas apprécié cet ouvrage. Je l’ai lu, ai été émue, car la charge émotionnelle est palpable, néanmoins je trouve que pour parler d’un jeune qui, je le répète mais c’est important, »voulait réveiller les gens » cet essai reste mou, c’est fou avec un tel sujet ! Il ne propose pas de réel réflexion à part pendant une page ou deux vers la page 150, où l’auteur réfléchi à la culpabilité de celui qui ne fait rien. Celui qui ne s’immole pas, celui qui ne s’insurge pas du moins, celui qui peut-être se complaît de sa situation quand bien même le monde dans lequel il vit est insupportable tandis que d’autres ont cette flamme, si je puis me permettre. Vaste et passionnante reflexion qui, me semble-t-il aurait mérité un peu plus de place dans l’ouvrage.

Le dernier chapitre, ou l’épilogue, est lui très agréable. La différence avec le reste c’est qu’il est romancé.

Une lecture frustrante donc, j’aurais aimé un roman entier partant du dernier chapitre ET/OU plus de place à la question clé de l’ouvrage autour de cette culpabilité.

Anthony Sitruk, La vie brève de Jan Palach, publié en juin 2018 aux éditions Le dilettante ISBN 9782842639679